Migration internationale (1/2)
mardi, février 09, 2010Evolution des migrations internationales (Chapitres 2-3-4)
Les deux premiers chapitres opèrent un bref tour d'horizon de l'histoire des migrations de 1500 à 1900. Cette histoire semble avoir connu un tournant radical entre 1820 et 1850. En effet les premières migrations européennes vers le territoire américain étaient d'une ampleur relativement faible en comparaison avec l'incroyable explosion connue après 1820. Cette faiblesse s'explique bien évidemment par le coût élevé du voyage, d'après HW il fallait 5 mois de salaire pour un travailleur agricole du Sud de l'Angleterre en 1650 pour réaliser la traversée de l'Atlantique (il est à noter que ces travailleurs gagnaient l'un des salaires les plus élevé d'Europe). En raison de ce prix élevé les migrants étaient rares. Ainsi à partir de 1760-1820 le commerce d'esclave, hélas lucratif (selon Eltis (2002) un esclave coutait 30$, le voyage 30$ de plus et il était finallement revendu 900$ à Cuba) représente une part prépondérante des migrations.Cette émigration a eu deux effets: 1) elle a facilité la création de réseaux 2) elle a élevé le salaire en Irlande. Ces deux éléments ont induit de l'hystérèse, la vague importante d'immigration Irlandaise dans les années 1890 s'explique sans doute par celle réalisée 50 ans plutôt lors de la grande famine, en effet comme le note Geary:
Situation des migrants (chapitre 5)
En guise de conclusion
Ouvrages en revue
mardi, février 02, 2010
Juste en dessous du titre de notre blog gît l'inscription "un blog sur des articles et des ouvrages en éco"... des ouvrages??? Oups, jusqu'à présent, pas une seule revue d'ouvrage n'a été réalisée... il faut dire que c'est particulièrement long à faire, notamment lorsque l'on désire éviter une lecture superficielle! Nous vous proposons donc un compromis, dans les semaines à venir, nous réaliserons une revue de seulement quelques chapitres des ouvrages suivants:- Global Migration and the World Economy de Hatton et Williamson. Post prévu pour le 8 février.
- Logique de l'action collective d'Olson. Post prévu pour le 15 février.
- Trade and the Environment de Copeland et Taylor. Post prévu pour le 22 février.
- Institutions and Economic Performance édité par Helpman. Post prévu pour le 15 mars.
- Creative destruction de Cowen. Post prévu pour le 12 avril.
La liste
lundi, février 01, 2010
Bibliographie
Quand Einstein dévoile sa méthode sur notre blog
samedi, janvier 30, 2010Einstein et Darwin, vous êtes servi!
Biblio
La sous-évaluation du Yuan à la lumière des modèles de taux de change d'équilibre- 2nd volet
jeudi, janvier 21, 2010Focus sur le modèle NATREX appliqué aux économies de taille réduite : Économies en transition ou cas du Petit Pays
Le cas du Petit Pays
Lim et Stein en 1995 ont élaboré une version du Natrex adaptée à des économies de petite taille afin d'étudier les comportements du taux de change d'un pays ne pouvant pas avoir d'influence sur les marchés. Cette version est détaillée et illustrée avec le cas du taux de change de l'Australie dans un papier publié en 1995. La lecture du papier mène le lecteur à se pencher sur le modèle d'Edwards élaboré en 1988 dont Stein s'est inspiré pour son analyse d'une petite économie. Il sera donc nécessaire d'expliciter le modèle d'Edwards afin de comprendre la démarche et les apports personnels de Stein dans ce modèle de taux de change d'équilibre. Par définition, le taux de change réel effectif s'écrit
R= ∏i N.(P/P*)^Ѳi
avec N le taux de change nominal bilatéral
P et P* les prix à la consommation domestique et partenaire
la pondération Ѳi appliquée au taux de change réel bilatéral représentent le poids de chaque partenaire en termes de volumes échangés. On suppose également que chaque pays produit un bien exportable (1 ou 2) et un bien n dit « non échangeable », dans une proportion a pour le pays étudié et b pour le ou les pays partenaires.
P et P* s'expriment alors comme le prix composite de deux types de biens produits dans l'économie.
P= Pn^a. P1^(1-a)
P*=Pn^b.P2^(1-b)
On définit les termes de l'échange comme le prix relatif des biens exportables domestiques par rapport aux produits échangeables produits à l'étranger exprimés dans la même monnaie
T=N.P1/P2*
Et le prix relatif des biens non échangeables (n) par rapport aux exportations comme suit
Rn=Pn/P1
Rn*=Pn*/P2
En reprenant l'expression des prix à la consommation comme des composites des biens exportables et non échangeables, ainsi que l'expression du taux de change réel fonction des indices de prix on obtient l'expression suivante
R=T. (Rn)^a. (P2*/Pn*)^b
R= T. (Rn)^a avec P2*/Pn*normalisé à 1
Le taux de change réel d'une petite économie est donc fonction de T les termes de l'échange, variable exogène puisque un petit pays ne peut exercer aucune influence sur les prix mondiaux, et de Rn le prix relatif des biens n, endogène, dont on verra les fondamentaux de moyen et long terme.
Soit logR= logT+ alogRn+ e
Avec Rn variable endogène qui permet d'équilibrer le marché. Deux hypothèses permettent d'expliquer la formation du taux de change
- L'équilibre du marché interne, qui, en supposant la coexistence de deux secteurs les biens échangeables et non échangeables, passe par un équilibrage du marché des biens non échangeables, étant donné que seul le prix relatif des biens non échangeables étant endogène (les prix mondiaux étant fixes), le retour à l'équilibre se fait grâce à Rn
- L'équilibre externe qui revient à équilibrer la balance commerciale, exportations et importations dépendant du prix relatif des biens n Stein suite au modèle d'Edwards, reprend l'hypothèse que Rn est une variable endogène qui est également déterminée par la consommation sociale (privée+publique) en termes de PIB. En effet, la consommation ou préférence pour le présent a un impact sur l'équilibre interne lorsqu'il s'agit de la consommation de biens n et sur l'équilibre externe en impactant la balance commerciale, donc la balance courante. On peut signaler que contrairement au modèle pour un grand pays, la variable «consommation» n'est pas exprimée en termes relatifs vis-à-vis de la monnaie de référence lorsque le taux de change réel est bilatéral ou vis-à-vis des consommations des pays partenaires lorsque le taux de change réel est dit effectif. En effet, en supposant que l'équilibre d'une petite économie est atteint par le biais de son marché interne des biens n (du fait de la non-influence d'un petit pays sur le marché mondial), on pose implicitement l'hypothèse que les fondamentaux du taux de change réel sont exprimés en termes absolus dans le sens où ils correspondent aux variables domestiques uniquement.
Le rôle de la productivité : l'effet Balassa intégré dans l'analyse
Edwards a tenté d'intégrer dans son modèle le rôle de la productivité par le biais du progrès technique. Stein reprendra et complètera son modèle en introduisant des équations structurelles plus détaillées afin que chaque variable, notamment les productivités relatives de chaque secteur soit expliquée. L'idée sous jacente est relativement intuitive, elle se base sur le constat que les productivités relatives des secteurs n'évoluent pas au même rythme notamment lorsqu'un secteur est exposé à la concurrence internationale et pas l'autre. Ainsi, on admet communément que les gains de productivité seront toujours plus élevés dans le secteur exportable que dans le secteur des biens n. C'est l'hypothèse Baumol Bowen (mise en évidence par Obstfeld et Rogoff) sous jacente qui stipule que les activités non échangeables sont naturellement moins susceptibles d'engranger des gains d'efficience : il parait évident que les services ou encore la construction ne peuvent pas enregistrer des gains de productivité aussi important que l'agriculture ou l'industrie. Si la productivité relative des biens exportables augmente, alors leur prix doit mécaniquement baisser faisant monter le prix relatif des biens non échangeables. Or d'après la définition du taux de change réel, une hausse de Rn entraîne mécaniquement une appréciation réelle de la monnaie.
Balassa suppose que le travail est mobile entre les secteurs, donc que les salaires s'égalisent W=W1=W2. Le prix de vente p doit être égalisé au cout marginal de production p=cm, cm étant lui-même égal à la productivité marginale du travail que l'on note Cm=W/H
Donc Balassa pose l'expression de Rn comme suit:
Rn= Pn/P1= (W/Hn)/(W/H1) = H1/Hn
Ce qui n'est autre que le rapport des productivités relatives entre secteurs. Le taux de change réel s'écrit alors:
R= T. [(H1/Hn)^a]/ [(H'2/H'n)^b]
avec δR/δ (H1/Hn) supérieur à 0 et δR/δ (H2’/Hn’) inférieur à 0;
L'analyse dynamique selon Lim et Stein en 1995
Les auteurs définissent un vecteur Z de fondamentaux de long terme i.e. exogènes : Z=T,u,s,r* soient T, les termes de l'échange, u, le vecteur de la productivité des facteurs (u= u1, un), s l'épargne sociale par le biais de la fonction de consommation reprise du modèle d'Edwards et r* le taux d'intérêt réel mondial par le biais de la fonction d'investissement mais aussi de l'équilibre de portefeuille explicité dans le modèle.
Reprenons rapidement les fonctions sous jacentes du modèle:
- la fonction d'investissement s'écrit
dk/dt=I=I(q)
avec q=q(k,T,Rn,u,r) le ratio de Tobin, qui intègre k le stck de capital et implicitement l'intensité capitalistique, T les termes de l'échange, Rn le prix relatif interne, u les productivités sectorielles relatives et r le taux d'intéret.
- la fonction de consomation sociale
C=C(k-F,1-s), k-F étant la richesse nette (stock de capital-dettes) des agents et s une mesure de l'épargne sociale qui reflète l'inverse d'un taux d'actualisation social (lissage de la consommation)
- Les auteurs spécifient que la valeur d'équilibre de la dette est une variable endogène stable à LT, qui est fonction des fondamentaux Z. La fonction d'épargne sociale s'écrit alors
S=Y(k,u)-r*F-C(k-F,1-s)=S(k,F,Z) avec Y le produit national dépendant du capital et de la productivité des facteurs, moins les intérêts de la dette, moins la consommation. Une hausse de la dette réduit la richesse et augmente l'épargne dans le respect de la condition de soutenabilité de la dette.
- L'équation de balance de portefeuille répond à plusieurs hypothèses qui sont: la non-validité empirique de la parité des taux d'intérêt non couverte qui intègre explicitement les anticipations des agents. On considère l'absence de risque de défaut de paiement à court terme et le différentiel des taux d'intérêt entre le pays étudié et le reste du monde est stationnaire dans le temps.
L'équation de portefeuille s'écrit ainsi: r=r*+h(F,t) Ainsi, le taux d'intérêt du pays étudié doit converger vers le taux d'intérêt mondial, mais la vitesse de convergence est altérée par la dette externe qui au cours du temps augmente le risque à long terme d'un investissement de portefeuille, notamment la probabilité de dévaluation de la monnaie
Ces fondamentaux agissent donc au sein de la dynamique du taux de change réel, du compte courant, de la dette et des mouvements de capitaux. Deux horizons temporels sont clairement distingués dans le cadre de l'analyse dynamique de la formation de R : le moyen terme pour lequel le stock de dette externe (F) et de capital (k) sont fixés et une trajectoire de long terme dans laquelle dette externe et capitaux deviennent endogènes, puis convergent vers une valeur d'équilibre.
La démarche générale de l'analyse dynamique consiste en une décomposition en trois parties:
- Comment les fondamentaux affectent Rn et R à moyen terme pour k et F fixés?
- Comment le capital (k) et la dette (F) évolue en réponse aux fondamentaux ?
- Comment l'évolution de la dette et du capital affectent-ils l'évolution de R et Rn pour atteindre un état stationnaire?
Jusqu'à l'état d'équilibre de LT, le prix relatif interne Rn dépend donc du stock de capital (k), du stock de la dette (F), et des fondamentaux exogènes, le vecteur Z =T, u, s, r*. Ainsi, le taux de change d'équilibre à moyen terme dépend des mêmes composantes puisqu'il s'écrit:
R= T. (Rn)^a = R [k(t), F(t), Z(t)]
Le capital est la dette évoluent dans le temps en fonction de l'épargne et de l'investissement, donc du compte courant. Ceci représente la clé de la dynamique de moyen terme vers l'état stationnaire de long terme. A l'équilibre de long terme le stock de capital et la dette atteignent leur niveau soutenable de long terme associés à k(Z) et f(Z), dépendant strictement des fondamentaux exogènes. Le Natrex doit alors converger vers R(Z(t)), état non stationnaire du taux de change réel car il s'agit d'un équilibre instable dépendant du temps.
Les équations du modèle Natrex dans le cadre d'un petit pays s'écrivent alors:
- Equilibre interne: Cn (Rn,k-F,s,T)+(1-m)I(q)-Q(Rn,k,u)=0 soit la demande de biens non échangeables (qui équivaut à la consommation des ménages Cn ainsi que la part de l'investissement consacrée aux biens non échangeables dans une proportion (1-m) qui égalise l'offre de biens non échangeables. On rapelle que la consommation de ces biens dépend du prix des biens, de la richesse nette des agents qui s'identifie au stock de Capital moins le stock de dette k-F, de l'épargne et des termes de l'échange; l'investissement est une fonction classique du ratio de Tobin; l'offre de biens n étant fonction du prix, des productivités relatives et dotations factorielle
- Equilibre externe: CA=Q₁(Rn,k,u)-mI(q)-C₂(Rn,k-F,s,T)-r*F soit la balance commerciale qui s'écrit comme le total des exports (P1= numéraire) moins la part des biens importés investis moins la consommation importée.
Le Scénario économique sous jacent du modèle est le suivant: Le prix relatif interne doit équilibrer le marché des biens, en rappelant qu'il est fonction de Z= (T, u, s, r*) mais aussi de variables endogènes qui sont F et k, la dette et le capital à moyen terme.
R est donc fonction de Z, F et k à moyen terme, et uniquement fonction de Z à long terme, les fondamentaux influençant de manière endogène stock de capital et dette qui convergent vers leur valeur d'équilibre.
Deux hypothèses fortes à long terme:
- Le stock de dette et de capital en termes de PIB sont supposés stables
- Les évolutions de F et k produisent de nouvelles solutions de Rn.
Autour de ces deux hypothèses Lim et Stein analyse le passage d'un état stationnaire de moyen à long terme. Le stock de capital et de dette évolue à travers le temps avec l'épargne et l'investissement, ce qui produit une trajectoire particulière du Natrex avec des excédents ou déficits de la balance courante.
Posons le système dynamique complet de R
dR/dt=dR/dL(k,F,Z)+dR/dJ(k,F,Z)+dR/dZ.dZ/dt
avec les deux hypothèses de long terme dk/dt=0=J, soit la stabilité du stock de capital dans le temps dF/dt=0=L, soit la stabilité du stock de la dette dans le temps
Le respect de ces deux conditions de long terme permet d'introduire les niveaux k* et F* d'équilibre et le mécanisme sous jacent : Une augmentation de k le capital implique une baisse du produit marginal et donc une baisse de l'investissement net et donc un désendettement extérieur qui réduit le risque h(F) et par la même entraîne la réduction de r le taux d'intérêt réel d'où une incitation à investir de nouveau pour un retour à l'équilibre i.e. une restauration du niveau d'investissement à son niveau stable. Dans le cadre d'une contrainte budgétaire intertemporelle il est requis par les auteurs que la dette réelle converge vers un niveau soutenable de la dette CA=B*-rF*=0,avec B la balance commerciale et rF* les intérets de la dette.
Pour la stabilité du modèle deux conditions doivent être respectées:
- Une hausse de l'intensité capitalistique baisse le produit marginal du capital et donc réduit l'incitation à investir (effet visible par le biais du ratio de Tobin)
- Une hausse de l'endettement, pour un niveau de capital donné doit augmenter l'incitation à épargner, (effet Ricardien) produisant une sortie de capitaux et réduisant la dette pour atteindre L=0
Donc, les solutions simultanées de J(k*,F*,Z)=0 et L(k*,F*,Z)=0 impliquent que l'état d'équilibre de long terme dépendent uniquement du vecteur Z exogène. Ainsi le taux de change réel d'équilibre à long terme pour une petite économie s'écrit: RnatrexLT= R(s,u,T) avec à long terme, une égalisation des taux d'intéret au niveau du taux mondial, avec s le taux de préférence pour le présent ou consommation sociale, u la productivité relative du secteur exportateur, et T les termes de l'échange
Le cas de l'économie émergente
Dans le cadre d'une économie dite émergente, Stein établit une variante de son modèle adaptée aux économies de taille réduite. En effet Stein avance l'idée qu'une économie émergente grâce à sa politique d'ouverture commerciale "agressive" et à l'attraction des capitaux étrangers et investissements directs étrangers, le pays alimente des fondamentaux du taux de change plus spécifiques. Les IDE, d'une part, permettent des transferts technologiques tout en finançant les déficits de balance courante, les politiques d'ouverture commerciale, d'autre part, amènent à des gains de productivité importants via une réallocation plus productive des ressources et donc à une amélioration du rendement du Capital. Ainsi, de manière plus globale, une économie émergente par son ouverture commerciale et financière connait des gains de productivité, une amélioration des termes de l'échange, de la balance commerciale et de son taux de croissance économique.Ces élements font que l'équilibre du taux de change va être impacté de manière un peu différente à moyen et long terme. Le taux de croissance économique a un rôle important dans la formation du taux de change, devenant ainsi une variable fondamentale du modèle, au même titre que la productivité et les consommations sociales. On sort du cadre théorique précédent puisque l'équilibre ne s'établit plus autour du marché interne via l'équilibre des biens non échangeables. Ce constat est relativement intuitif lorsque l'on considère des économies qui posent leur stratégie de croissance sur une ouverture très forte de leur économie.
A moyen terme, l'équilibre du taux de change tient compte des flux d'IDE, qui entraînent mécaniquement une appréciation du taux de change réel via une entrée massive des capitaux et une amélioration de la rentabilité économique via les transferts technologiques, donc des gains de productivité, une amélioration des termes de l'échange et du taux de croissance.Ceci permet de montrer que les termes de l'échange deviennent endogènes aux IDE, et qu'il n'est donc plus pertinent de les introduire comme variable fondamentale du taux de change réel. A plus long terme, deux effets opposés sont mis en évidence par Stein: d'une part, plus les flux d'IDE seront abondants, plus le montant de revenus du Capital versés à l'étranger sera élevé, ce qui contribue à terme à détériorer la Balance courante. D'autre part, l'amélioration des gains de productivité et les effets positifs sur la balance commerciale entraîneront via l'effet Balassa-Samuelson une appréciation réelle de la monnaie. Si le second effet domine, l'appréciation réelle de la monnaie sera vérifiée à long terme. l'équilibre de long terme s'écrie alors en ofnction des seuls déterminants exogènes qui sont:
RnatrexLT= R(s/s*,u/u*,g)
avec s et s* les taux de préférence pour le présent ou les consommations sociales relatives, u et u* les productivités relatives des biens exportables et g le taux de croissance du pays étudié, devenu exogène à long terme.
Ainsi en guise de conclusion de cette partie théorique, partant du modèle détaillé de Stein adapté aux économies de taille réduite, il a été possible d'établir une extension encore plus proche de la réalité des économies émergentes, afin d'associer à l'analyse du taux de change réel chinois, un modèle adapté à aux caractéristiques et besoins de l'économie chinoise. Stein permet ainsi de juger la valeur réelle du Yuan de manière moins indépendante de ses besoins en termes de croissance afin de répondre à la nécessité de réduire le taux de chomâge important et souvent déguisé de la Chine.
Vérification empirique du modèle dans le cadre du Renminbi Chinois :
On rappelle que la Chine est très régulièrement montrée du doigt comme faussant régulièrement les règles du Commerce international par le biais d'une instrumentalisation de son taux de change. Certains économistes allaient jusqu'à évaluer la sous évaluation du Yuan à hauteur de 20- 30% par rapport à sa valeur d'équilibre. Or, il est évident que ce genre de conclusions dépend de manière considérable du modèle d'équilibre choisi, i.e. des fondamentaux utilisés pour déterminer la valeur d'équilibre du monnaie. Il est intéressant de tester empiriquement le modèle Natrex, d'une part dans le but de confirmer ou infirmer les ordres de grandeurs avancés jusqu'alors, d'autre part pour illustrer l'idée que la prise en compte de fondamentaux du taux de change caractéristiques des économies émergentes telles que la Chine.Après avoir récolté les données sur la période 1970-2008 et estimé économétriquement le modèle Natrex dans sa version adapté aux économies émergentes, il est possible d'établir un graphique représentant les mésalignements monétaires du Yuan par rapport à sa valeur d'équilibre de long terme (estimé sur la période 1972-2006). On obtient ainsi le graphique suivant : Les sources de données sont la base du FMI (IFS database CD-ROM) pour les taux de change (nominaux plus les prix à la consommation pour estimer les taux de change réels) et les consommations privées, publiques, PIB, UN database, la base des Nations-Unies pour les taux de croissance du PIB chinois et enfin la base de donnée établie par Maddison pour obtenir les productivités relatives (PPA).
Ce graphique nous permet d'émettre des commentaires intéressants sur les mésalignements au cours du temps de la monnaie chinoise. On peut distinguer trois voire quatre phases distinctes en observant les allures des courbes :
- de 1970 à 1977 : une période pendant laquelle le taux de change réel observé et le Natrex seraient relativement proche, alternant entre une légère surévaluation puis sous évaluation du Yuan. Suite à la fin du système de Bretton Wood et du flottement général des principales monnaies, la Chine a décidé de passer à un ancrage composite (suite à un régime fixe qui s'est étendu sur 17 ans), dans lequel le Renminbi est ancré sur 13 monnaies occidentales. Néanmoins, en 1975, ce panier de devises est composé à 50% de dollars et 50% de Deutsch Marks.
- De 1978 à 1984, les résultats de l'estimation du Natrex permettent de conclure à une surévaluation du Yuan durant toute la période sans interruption. A cette même période correspond une nouvelle phase historique du régime de change chinois. En effet, en 1979, suite à des réformes économiques, la Chine introduit l'IRTS (taux interne des règlements commerciaux), qui est un autre taux de la monnaie, existant en parallèle au taux de change officiel. Ce taux (coté au certain) inférieur au taux officiel jouait comme une dévaluation, et par la même a entrainé mécaniquement une surévaluation du taux de change officiel. Les résultats que nous avons obtenus semblent correspondre à l'histoire du Régime de change. En effet, en 1981, de nombreuses dévaluations du taux de change officiel ont lieu afin d'éliminer la surévaluation héritée de ce système. Le taux officiel rejoint la valeur de l'IRTS, qui devient inutile en 1984.
- De 1984 à 2003 : on constate un renversement de la tendance avec une sous évaluation du Yuan. Cette période correspond d'une part à une période d'ancrage du Renminbi sur différentes monnaies (les autorités créent des droits de rétention de devises), le contrôle est important. Néanmoins, en 1994, une grande réforme est élaborée, le régime de change devient un régime de flottement géré. Le système de droit de rétention de devises est aboli, mais dans les faits, les bandes de fluctuation par rapport au dollar sont tellement étroites, que le taux de change du yuan demeure sous évalué.
- De 2004 à 2006, les résultats du modèle permettent d'avancer le constat suivant : la valeur du Yuan semblerait sur évaluée vis-à-vis de sa valeur d'équilibre, sur évaluation de l'ordre de 3 à 10% environ. Ce résultat parait surprenant car il est en contradiction avec les accusations encore très actuelles portées sur la politique de change chinoise, dans le sens où le gouvernement maintient la monnaie sous évaluée. Néanmoins, ce constat correspond à la période des réformes du régime chinois, qui tentent de répondre aux exigences des institutions internationales telles que l'OMC, qui exercent une pression forte en vue d'une réévaluation de la monnaie chinoise. Ainsi, le gouvernement chinois a élargi les bandes de fluctuation de sa monnaie, ce qui a mené le Renminbi à être réévalué de 2,5%.
De fait, les mésalignements de la monnaie chinoise sur les trente dernières années correspondent dans les grandes lignes aux ruptures historiques du régime monétaire chinois. Mais plus que tout ce qui suscite le plus la controverse politique et médiatique est l'ampleur de la sous évaluation de la monnaie ces dernières années. Certains économistes et politologues avaient estimé que la sous évaluation du Yuan atteignait 15-30%.
Or, depuis l'entrée de la Chine dans l'OMC soit en décembre 2001, et d'après les estimations de la valeur d'équilibre à cette même période par le modèle Natrex, il semble que la monnaie soit sous évaluée tout au plus de 4,3% par rapport à sa valeur d'équilibre.
Conclusion
Ces résultats montrent avant tout l'intérêt d'une analyse plus approfondie des modèles de taux de change d'équilibre, qui parce qu'ils sont loin de refléter parfaitement la réalité, ont des spécifications qui dans le cadre théorique de Stein permettent des adaptations plus rigoureuses à des formations du taux de change qui diffèrent fondamentalement les unes des autres , selon les caractéristiques économiques des pays étudiés. Ainsi, en tenant compte des besoins en croissance économique de la Chine, la sous évaluation de sa monnaie est rapportée à 5% au maximum. Les estimations très élevées qui sont souvent mises en évidence reflète l'application d'un modèle général ne tenant pas compte du fait que la Chine est un pays qui a besoin de se développer pour employer sa population et réduire à terme les inégalités, à travers une politique d'ouverture indispensable.Références bibliographiques
-BOUVERET, A. et H. STERDYNIAK (2005), «Les modèles de taux de change: Equilibre de long terme, dynamique et hystérèse », Revue de l’OFCE, avril.
-CLARK, P. and R. MACDONALD, (1999), “Exchange Rates and Economic Fundamentals: A Methodological Comparison of BEERs and FEERs”, in R. Mac Donald and J. L. Stein (ed. (1999), Equilibrium Exchange Rates, Kluwer Academic.
-HINKLE L. E. and P. J. MONTIEL ed. (1999), Exchange rate misalignment, Concepts and measurement for developing countries, A World Bank Research Publication, Oxford University Press.
-MACDONALD R. (1997), “What Determines Real Exchange Rates? The Long and Short of It”, Journal of International Financial Markets, 8, pp. 117-153.
-MACDONALD, R. (2000), Concepts to Calculate Equilibrium Exchange Rates: An Overview, Discussion paper 3/00, Economic Research Group of the Deutsche Bundesbank.
-STEIN, J.L. (1990), “The Real Exchange Rate”, Journal of Banking and Finance, 14, Special issue, pp. 1045-1078.
-STEIN, J.L. (1994), “The Natural Real Exchange Rate of the United States Dollar and Determinants of Capital Flows”, in J. Williamson (ed.), Equilibrium Exchanges Rates, Institute for International Economics, Washington, DC.
-STEIN, J.L and P. R. ALLEN eds. (1995), Fundamental Determinants of Exchange Rates, Clarendon Press, Oxford.
-STEIN, J.L and G.C. LIM (1995), “The Dynamics of the Real Exchange Rate and Current Account in a Small Open Economy: Australia”, in Fundamental Determination of Exchange Rates, J.L. Stein and P.R. Allen (eds.), Clarendon press, Oxford
-WILLIAMSON, J. (1994), “Estimates of FEERs”, in Estimating Equilibrium Exchanges Rates ed. Institute for International Economics, Washington.
Brève histoire des coûts commerciaux
lundi, janvier 18, 2010Migration internationnale
D'après Rostow (1960), les Etats-Unis réalisent leur décollage économique entre 1843 et 1860, et comme l'indique le graphique ci-dessous (sur ce graphique l'échelle de droite représente le PIB par tête de la Grande Bretagne divisé par celui des Etats-Unis), les Etats-Unis convergent très rapidement vers la Grande Bretagne et sur la période allant de 1890 à 1910, le basculement s'opère, le PIB par tête américain devenant relativement plus élevé. L'Europe connaît alors sa plus forte phase d'émigration (voir graphique, l'échelle de gauche représentant l'émigration Europe vers Etats-Unis), constituée majoritairement d'Irlandais (40% selon Bairoch (1997)).Coûts commerciaux
En complément voir EcoInter Views sur cette baisse historique des coûts commerciaux.
Références
- Bairoch, P., 1976. Commerce extérieur et développement économique de l'’Europe au XIXème siècle. Civilisations et sociétés, 53.
- Bairoch, P., 1989. European Trade Policy, 1815-1914, in P. Mathias et S. Pollard (éd.), The Cambridge Economic History of Europe, vol. VIII : The Industrial Economies : the Development of Economic and Social Policies, Cambridge, Cambridge University Press.
- Bairoch, P., 1993. Economics andWorld History. Mythes and Paradoxes, Harvester Wheatsheaf.
- Bairoch, P., 1997. Victoires et déboires II, histoire économique et sociale du monde du XVIéme siècle à nos jours. Gallimard.
- Bouët A., 1997, Le protectionnisme, Analyse économique. Vuibert.
- Bouët, A., Le Cacheux, J., 1999. Introduction. In Globalisation et politiques économiques : les marges de manoeuvre., eds Bouët, A., Le Cacheux, J., Paris : Economica.
- Candau F., Jean S., 2010, What are EU trade preferences worth for Sub-Saharan Africa and other developing Countries? Published in Trade Preference Erosion: Measurement and Policy Response edited by Bernard Hoekman, William J. Martin and Carlos A. Primo Braga (2009) World Bank and Palgrave-Macmillian series.
- Faini, R., de Melo, J., Zimmermann, K. F., 1999. Trade and migration : an introduction. In Migration, the controversies and the evidence, ed by Faini, R., de Melo, J., Zimmermann, K. F., CEPR.
- Hobsbawm, E., 1975. The Age of Capital 1848-1875, Weidenfeld and Nicolson Ltd.
- Molle, W., 1990. The economics of European Integration. Aldershot : Darmouth.
La sous-évaluation du Yuan à la lumière des modèles de taux de change d'équilibre- 1er volet
mardi, janvier 12, 2010
Introduction
Une utilité à étudier les déséquilibres monétaires
Les premiers modèles d'équilibre du taux de change réel
Conclusions sur le premier volet
Références bibliographiques
Les exportateurs sont des super stars et leurs travailleurs des super héros! (2/2)
jeudi, décembre 10, 2009Peu nombreuses et plus productives
Valeur intrinséque des firmes exportatrices ou sélection des travailleurs?
Marges extensives et intensives
Equation de gravité
- Si l'on compare cette equation avec celle obtenue avec le modèle de Krugman (1980) on observe que si gamma est sup à sigma-1 alors l'élasticité des exports par rapport aux coûts commerciaux (Trade barriers) est plus élevée avec prise en compte de l'hétérogénéité (deux fois plus forte sur données américaines d'après les calculs de l'auteur).
- L'élasticité de substitution ne joue plus sur les barrières commerciales, c'est désormais le degré d'hétérogéneité qui est central: plus les firmes sont homogènes plus l'impact des coûts commerciaux est important (voir aussi Melitz et Ottaviano (2008)).
- L'élasticité des exports par rapport aux coûts fixes d'exportation est négative (en effet si gamma est plus grand que sigma-1, alors le terme au dessus de F est négatif) mais elle l'est d'autant moins que a) l'élasticité de substitution entre les variétés est forte b) l'hétérogénéité des firmes est grande. En d'autres termes les coûts fixes d'exportation sont moins dommageable pour les firmes productives qui produisent des biens fortement différenciés.
En guise de conclusion
- Bernard A, B. Jensen, S. Redding et P. Schott (2007), "Firms in International Trade", Journal of Economic Perspectives 21(3) : 105-130)
- Crozet, M., P. Koenig, 2009, Structural gravity equations with intensive and extensive margins. Canadian Journal of Economics, forthcoming.
- Crozet M., Mayer, T., 2007, Le club très select des firmes exportatrices. Lettre du CEPII 271.
- Chaney Thomas (2008) Distorted gravity: The Intensive and Extensive Margins of International Trade, American Economic Review, 98(4): 1707-1721
- Eaton J., S. Kortum et F. Kramarz (2004), "Dissecting Trade Firms, Industries and Export Destinations", American Economic Review, Papers and Proceedings, 93, 150-154.
- Fontagné L., Gaulier G., 2008, Performances à l'exportation de la France et de l'Allemagne. Rapport du CAE.
- Melitz Marc and Gianmarco I.P. Ottaviano (2008) Market size, trade and productivity, Review of Economic Studies, 75: 295-316
- Mayer, T., Ottaviano GIP, 2007, The Happy Few: new facts on the internationalisation of European firms, Bruegel report
- Schank, Thorsten, Schnabel, Claus and Joachim Wagner, 2007, Do exporters really pay higher wages? First evidence from German linked employer-employee data, Journal of International Economics, 72, 52-74
The Great Trade Collapse
vendredi, novembre 27, 2009Le rôle prédominant des institutions dans la croissance ?
lundi, novembre 16, 2009
Pourquoi certains continents souffrent-ils de la pauvreté et d’un retard crucial de développement ?
Géographie, commerce et institutions
Causalité et autres problèmes rencontrés
Rodrick, Subramanian et Trebbi
- la variable Geo (exogène) : on cite le plus souvent les travaux de Frankel et Romer 1999, concernant la mise en évidence du rôle primordial de la géographie sur l’intégration, puis sur la croissance, à travers l’élaboration d’une équation gravitaire. Un modèle gravitaire s’inspire directement de la loi physique de gravité, en supposant que l’intégration commerciale, approximée par le volume des échanges commerciaux dépend de la masse du pays et de la distance qui le sépare de ses partenaires.
- la qualité institutionnelle est ici approximée par un indicateur appelé « settler mortality » ou SM, qui littéralement signifie Mortalité du colonisateur. Ce concept théorique provient de l’analyse d’Acemoglu, Johnson et Robinson qui utilisent une variable explicative originale pour expliquer les différences de qualité institutionnelle, intrinsèquement liée au risque d’expropriation des colons européens. Ainsi, le « taux de mortalité » ou plus simplement l’engagement dans le temps, des colons sur le territoire (distinction entre colonisation de peuplement ou d’extraction des ressources naturelles) a un pouvoir explicatif fort sur la qualité des institutions mises en place dès lors et qui influencent encore aujourd’hui la qualité institutionnelle des pays anciennement colonisés. Ainsi, grâce à l’analyse d’Acemoglu et l’établissement d’un indicateur de la qualité institutionnelle relativement « exogène », dans le sens où la mortalité des colons n’impacte pas directement les revenus du pays colonisé. Taux de mortalité des colons→ type d’institutions coloniales→ qualité institutionnelle aujourd’hui→ intégration au commerce ; puis dans une deuxième étape économétrique intégration au commerce→ niveau de revenu.
En guise de conclusion
References
- D. Acemoglu, S. Johnson, J.A. Robinson, “The colonial origins of Comparative Development: An empirical investigation”, Dec 2001, The American Economic Review. - D. Dollar, A. Kraay, “Institutions, Trade and Growth”, April 2002, The World Bank - R.E. Hall, C.I. Jones, “Why do some countries produce so much more output per worker than others?” 1998 - D. Rodrick, A. Subramanian, F. Trebbi, “Institutions rule: The primacy of institutions over Geography and Integration in Economic Development”, Oct 2002, IMF Working Paper 189Firmes hétérogènes, productivité et commerce (1/2)
mardi, octobre 27, 2009Anciennes et nouvelles théories du commerce international
Mélitz (2003)
La théorie juste avant et juste après Mélitz (2003)
Teasing
Remarque
Pour plus de détail sur les extensions du modèle de Melitz, voir Melitz (2009).
Bibliographie
Bernard, A., B. Jensen, S. Redding and P. K. Schott, 2007, "Firms in International Trade," Journal of Economic Perspectives 21(3), 105--130.
Behrens, K., Robert-Nicoud F. (2009). Krugman's Papers in Regional Science: the 100-dollar bill on the sidewalk is gone and the 2008 Nobel Prize well deserved. Papers in Regional Science 88(2), pp 467-489.
Baldwin, R., 2005. "Heterogeneous Firms and Trade: Testable and Untestable Properties of the Melitz Model," 2005. NBER Working Papers 11471.
Bernard, A., S. Redding, and P. Schott. 2007. "Comparative Advantage and Heterogeneous Firms." Review of Economic Studies, 74(1): 31--66.
Helpman, E., 1999. "The Structure of Foreign Trade." Journal of Economic Perspectives, 13(2): 121--44.
Helpman, E., 2006. Trade, FDI, and the organization of firms, Journal of Economic Literature XLIV: 589-630, 2006.
Melitz M.J., 2003, "The Impact of Trade on Intra-Industry Reallocations and Aggregate Industry Productivity," Econometrica 71(6), 1695--1725.
Melitz M., 2009, International Trade and Heterogeneous Firms", New Palgrave Dictionary of Economics, 2nd Edition.
Délocalisation et Inégalité, une histoire d'épingles et de poupées Barbie
mardi, septembre 22, 2009Pourquoi délocalise t-on des tâches? Quels sont les effets de cette fragmentation internationale de l'appareil productif? Doit-on craindre une augmentation de cette sous-traitance à l'international?
De Smith à Blinder en qq lignes
Le modèle de Grossman et Rossi-Hansberg
Wait a minute!
5 millions d'emplois en moins dans le secteur industriel par rapport à 1979 (voir Figure ci-dessous "all educations") et une partie des peu diplomés a été remplacée par des travailleurs sortant des universités.
- les inégalités salariales entre les diplomés et les non diplomés ont fortement augmentées.
Les auteurs testent tout d'abord l'impact de différentes variables sur les salaires à l'aide de l'équation suivante:
où
- wijt le log du salaire horaire d'un individu i, travaillant dans une industrie j à la date t.
- Z est un vecteur de caractéristiques individuelles: nombre d'année d'expérience, age, sexe, niveau d'éducation etc
- Routine mesure le caractére plus ou moins routinier des tâches.
- G est un vecteur de différentes mesure de l'exposition d'une industrie j aux délocalisations et au commerce international. Plus précisément 4 variables sont testées: les emplois délocalisés vers les pays à faible revenu, les emplois délocalisés vers les pays à haut revenu, la part des exportations domestiques dans la production domestique, la part des importations nationales dans la consommation nationale.
- TPFj représente la productivité totale des facteurs dans l'industrie j
- PINV représente le coût des biens d'investissement, l'idée est de capturer la baisse des prix des biens informatiques et l'impact potentiel d'une épargne en travail rendue possible grâce aux nlles technologies
- Realship est une variable de controle pour les transports et d et I représentent les effets fixes temporels et sectoriels.
Cette dégradation salariale lors d'une reconversion s'efface cependant avec le niveau d'étude.
En guise de conclusion: sauvons les travailleurs, pas forcément les emplois!
Remarques
Le dessin est de ga (rue 89). Sur ce thème des délocalisations voir aussi ecointerviews et (d'après ce post) un prochain article d'Olivier Bouba-Olga.
Bibliographie
- Autor, David H., Lawrence F. Katz and Melissa S. Kearney (2008), “Trends in US Wage Inequality: Revising the Revisionists”, Review of Economics and Statistics 90 (May), 300-23.- Baldwin R, Globalization, the great unbundling(s), Report by the Secretariat of the Economic Council.
- Blinder, A. S. (2006): Offshoring: The Next Industrial Revolution? Foreign Affairs, 85:2, 113–128.
- Ebenstein, Avraham, Ann Harrison, Margaret McMillan and Shannon Phillips (2009), “Estimating the Impact of Trade and Offshoring on American Workers Using the Current Population Surveys”, NBER Working Paper 15107, June.
- Grossman, G. & Rossi-Hansberg, E. (2006a): The Rise of Offshoring: It’s Not Wine for Cloth Anymore. July 2006. Paper presented at Kansas Fed’s Jackson Hole conference for Central Bankers. http://www.kc.frb.org/
- Grossman, G. & Rossi-Hansberg, E. (2006b): Trading Tasks: A Simple Theory of Offshoring. August 2006. PDF file. www.princeton.edu/~grossman/offshoring.pdf
- Lemieux T, 2006, Increased Residual Wage Inequality: Composition Effects, Noisy Data, or Rising Demand for Skill, American Economic Review 96, 461--498.
Au delà du PIB, le revenu équivalent
lundi, septembre 14, 2009Théorème d'impossibilité d'Arrow
- une population finie N={1,...,n} d'individus rationnels (rationalité = choix cohérents : les préférences sont transitives et réflexives ).
- un ensemble d'états sociaux (de situations) X
- un domaine D représentant le profil de préférences de la population analysée sur ces états sociaux RN=(R₁,...,Rn),
- Le domaine D doit être universel, le choix social doit tenir compte de la diversité des choix individuels, il ne doit en exclure aucun.
- La règle de choix social (la fonction f) doit vérifier l'axiome de rationalité (la préférence f(RN) doit être un préordre sur la totalité de l'ensemble X)
- La règle d'agrégation (la fonction f) doit vérifier l'axiome faible de Pareto. Si tous les individus ont une préférence stricte unanime alors cette préférence doit être choisie par la société.
- La règle d'agrégation doit être indépendante des alternatives non pertinentes. En d'autres termes, le classement de deux alternatives ne doit tenir compte que des préférences individuelles sur ces deux alternatives.
- La règle d'agrégation ne doit pas être dictatoriale (version faible de l'anonymat). La préférence stricte d'un individu ne peut pas être imposée à la société.
Des solutions?
Comparaison inter-personnelle et rationalité collective
Théorie de l'équité
Le revenu équivalent, un peu de théorie
- prise en compte des TMS. cette information très locale (variations infinitésimale le long des courbes d'inf aux alentours des allocations) est suffisante pour construire une règle d'agrégation non dictatoriale, mais l'anonymat n'est cependant pas respecté.
- prise en compte des courbes d'inf dans la boîte d'Edgeworth. L'impossibilité d'Arrow persiste.
- prise en compte d'une partie de la courbe d'indifférence allant de la situation actuelle de l'agent jusqu'à un rayon particulier dans l'espace des biens. Cette dernière extension permet de construire une règle d'agrégation.
Le revenu équivalent, un peu d'empirique
- Revenu national par tête
- Temps de travail
- Précarité, risque de chômage
- Espérance de vie en bonne santé
- Taille des foyers
- Inégalités
- Soutenabilité (analysée via consommation de capital physique et naturel, dont les émissions de gaz à effets de serre)
Note
Bibliographie
- Fleurbaey M., Hammond P. (2004), Interpersonally comparable utility, in S. Barbera, P. Hammond, C. Seidl eds., Handbook of Utility Theory, vol. 2, Kluwer, 2004.
- Fleurbaey, M., Maniquet F., 2008, Fair social orderings, Economic Theory 34 : 25–45.
- Fleurbaey, M., Suzumura K., Tadenuma K., 2005, Arrovian aggregation in economic environments : How much should we know about indifference surfaces ?, Journal of Economic Theory 124 : 22-44.
- Sen A.K. 1999, “The possibility of social choice,” American Economic Review 89: 349-378.
Commerce, flux de capitaux et frictions financières
mercredi, août 26, 2009
Autarcie
Ouverture
What else
Bibliographie
Les rendements croissants remis en questions !?!
samedi, juillet 04, 2009
Les rendements croissants sont-ils en train de décliner ? L’économie moderne doit-elle revenir sur ses fondements classiques ? Telles sont les deux questions posées par Paul Krugman dans sa lecture du prix Nobel. Ces questions sont étonnantes pour l’enseignant que je suis, qui débute son cours de micro par la concurrence pure et parfaite et qui poursuit en vantant par comparaison le réalisme de la concurrence imparfaite. Ces questions sont aussi surprenantes pour le chercheur en économie géographique… mais avant de vous en expliquer le pourquoi, peut être est-il utile de revenir très brièvement sur la lecture de Krugman. L’auteur présente tout d’abord ses travaux, ceux sur l’économie géographique démontrent que dans un modèle avec rendements croissants, la baisse des coûts de transport débouche sur une agglomération des activités. Pour Krugman ce processus d’agglomération semble appartenir au passé, il présente notamment une carte des USA sur l’industrie automobile qui reflète le fait que les nouvelles industries se sont localisées au Sud au lieu de s’agglomérer autour de Détroit. On aurait tord de penser que cette idée est nouvelle, Krugman lui-même dans Krugman et Livas (1996) amendait son article de 1991 en montrant que l’agglomération en engendrant une hausse des prix du foncier et des coûts de navette débouchait suite à une intégration commerciale plus approfondie sur une dispersion des activités (voir aussi Candau (2009) dans lequel je montre que ces forces de dispersion urbaines alliées avec une dispersion de la demande débouchent sur une séquence dispersion / agglomération / dispersion lorsque les économies se libéralisent commercialement). Cette séquence a été vérifiée empiriquement par nombre de chercheurs, dont notamment Combes et al. (2008) sur données françaises (le processus d’agglomération aurait eu lieu de 1860 à 1930 et depuis les activités semblent se disperser).
Le constat de dispersion n’est donc pas nouveau et ne surprendra personne, c’est l’interprétation qui en est donnée qui est nouvelle, car c'est une remise en cause des rendements croissants :
« So increasing returns may represent the wave of the past, not the future [...]Problems facing workers in advanced economies: 1) Increasing inequality 2) Decline of “good jobs”. To some extent, both may be explained by the decline of increasing returns as a force in the world economy»
Krugman semble considérer que ce sont les avantages comparatifs qui jouent désormais un rôle important dans la configuration spatiale des pays avancés (pour les pays en voies de développement son modèle Centre-Périphérie lui semble peut-être encore adapté (il fait référence à la Chine)).
Cette lecture a suscité une réaction de Marius Brülhart (l’un des premiers à avoir tester empiriquement les prédictions de Krugman) qui défend la pertinence de l’économie géographique Krugmanienne pour les problèmes actuels. J’ai franchement apprécié la sortie de Brülhart et j’en aurais souhaité d’autres, ceci dit je n’ai pas vraiment montré l’exemple, donc voici mes interrogations et commentaires sur cette intervention de Krugman. Premièrement l’économie des pays développés est une économie qui se tourne de plus en plus vers les services, ces derniers sont souvent différenciés, n’y a-t-il pas des rendements croissants dans ces secteurs ? Deuxièmement, d’un point de vue théorique la vision de Krugman est évidemment juste, depuis le théorème d’impossibilité spatiale de Starret on sait que la dispersion des activités peut aussi résulter d’un modèle concurrentiel en l’absence d’avantages comparatifs (espace homogène), à l’inverse leur présence explique les zones de spécialisation et d’agglomération. En d’autres termes, Krugman nous rappelle qu’il est important de ne pas oublier les premiers résultats de l’économie spatiale qui ont toujours une importance, il nous invite aussi à discriminer entre les différentes théories. Cette intervention m’a fait songer à un élégant article d'Ellickson et Zame (2005) qui présentent le point de vue suivant:
“We think the literature has taken the wrong lesson from Starrett's theorem. Locations are not all the same, and transportation costs are not zero, so the question, in our minds, is not whether a competitive model can have anything interesting to say about a world in which locations are identical and transportation costs are zero, but rather whether a competitive model can have anything interesting to say about a world in which locations are not identical and transportation costs are not zero.
Put differently, the question is not whether competition can lead to a heterogeneous present from a homogenous past, but whether competition can lead to the kind of heterogeneity we actually see in the present from the kind of heterogeneity we see (or imagine) in the past.”
En d’autres termes concurrence et avantages technologiques/factoriels (ou diversité des goûts… bref toute hétérogénéité) hérités du passé peuvent expliquer le processus de dispersion actuelle. Aussi c’est avec une certaine impatience que j’attend l’article qui testera si les rendements croissants déclinent (et pourquoi ?), car si une telle prédiction se vérifie ce n’est pas seulement la nouvelle économie géographique qui appartiendra au passé mais une grande partie des théories actelles basées sur ce concept.Biblographie
Corruption et commerce
mardi, juin 30, 2009
Evasion fiscale et tarifs, la méthodologie de l’étude de Bouët et Roy
BR mettent alors en œuvre une méthodologie que nous allons décrire pour tester ce lien entre tarif élevé et évasion tarifaire. La première estimation en valeur des auteurs est la suivante :
Où EvValueiptc représente une mesure de l’évasion, soit la différence entre la valeur d’un produit p (niveau HS6) à la date t indiquée par un exportateur c et la valeur de ce même produit reportée par l’importateur. En d’autres termes l’idée intéressante est de considérer les flux indiqués par l’exportateur et non reporté par l’importateur comme étant détournés. La variable Tariffptc représente la taxe imposée à l’exportateur.
Mais l’évasion peut aussi se manifester par une mauvaise spécification, le produit importé étant déclaré sous une autre ligne tarifaire pour bénéficier d’un taux plus faible. Exemple fictif : un produit A est taxé à 50% alors qu’un produit différencié B est taxé à 10%, si vous êtes un exportateur de A vous avez tout intérêt à corrompre le douanier pour qu’il inscrive votre exportation comme étant une entrée de B. Pour appréhender ceci les auteurs calculent une moyenne pondérée par les exportations des autres produits à un niveau plus agrégé (au niveau HS4), dénommées tariffrelptc.
Enfin d est une dummy qui prend la valeur 1 lorsque le produit est différencié et l’interaction tariffptc*d teste si un produit différencié et fortement taxé a plus de chance d’expliquer l’évasion. En effet plus un produit est différencié plus il est difficile de le faire passer pour un autre et plus il taxé plus la corruption est attractive.
Les auteurs introduisent ensuite des effets fixes par produits, temps et partenaires.
Résultats
A partir de l’estimation sans effets fixes ils observent que l’évasion est d’autant plus forte que le tarif du produit concerné et celui des produits reliés sont élevés. Contrairement aux études existantes, BR constatent que la différenciation a peu d’effet. Ce résultat provient de la mesure de la protection et de la spécificité des partenaires étudiés par les autres études. En effet Javorcik and Narciso (2008), Mishra et al (2008) et Levin and Widell (2007) utilisent uniquement les taux ad-valorem et étudient un seul partenaire (l’Allemagne pour les premiers, l’Angleterre pour les derniers) En rajoutant les effets fixes les auteurs obtiennent toujours une élasticité tarif de l’évasion positive et observe qu’elle est plus forte pour le Nigéria que pour le Kenya et la Mauritanie (pour ce derniers pays la corrélation entre tarifs et évasion n’est pas toujours significative). Le classement des trois pays suivant cette simple méthodologie est cependant sujet à caution car les partenaires de chaque pays et les produits échangés sont différents, ce qui pousse les auteurs à réduire l’échantillon au même ensemble de produits et de partenaires. Une analyse de robustesse est ensuite réalisée, les auteurs utilisent notamment des variables instrumentales pour limiter les biais d’endogénéité et des régressions non paramétriques et semi-paramétrique pour tester la non linéarité de la relation. Dans tous les cas leurs résultats sont confirmés. Il est intéressant de noter que le coefficient mesurant l’élasticité tarif de l’évasion pour le Nigéria double avec l’introduction des effets fixes sur les produits. Ce résultat, qui diffère de Mishra et al (2008) indique que pour certains pays les caractéristiques des produits jouent un rôle important dans l’explication de l’évasion (en caricaturant les diamants engendreraient plus de corruption que les pois chiches).
En guise de conclusion
L’objectif des pays en voie de développement est de taxer fortement les importations pour faire rentrer des recettes fiscales mais d’après cette étude de BR on peut se demander s’il n’y a pas là une courbe en U-inversé (les économistes adorent les courbes en cloche: exemple courbe de Laffer, courbe de Kuznets et ses dérivés etc) : plus ces pays taxent plus les recettes augmentent, sauf si les taxes sont vraiment prohibitives, dans un tel cas la corruption augmente et les recettes s’effondrent. Je ne connais aucun papier qui ait testé cette relation, pourtant savoir si les pays en voie de développement peuvent gagner plus en taxant moins leurs importations est une question majeure et il fait peu de doute qu’avec l’amélioration des données concernant les pays en voies de développement une telle relation soit testée prochainement. Alors stay tuned, je vous en reparle dès qu’il y a du nouveau.
Bibliographie
- Allingham, Michael G., and Agnar Sandmo, 1972, “Income Tax Evasion: A Theoretical Analysis,” Journal of Public Economics, Vol. 1, pp. 323-38. - Bouët A, Roy D, 2009, Trade protection and tax evasion: evidence from Kenya, Mauritania and Nigeria, CATT Working Papers Series n°1. - Fisman, Raymond and Shang-Jin Wei, 2004, “Tax Rates and Tax Evasion: Evidence from Missing Imports in China,” Journal of Political Economy, No. 112 Vol. 2, pp. 471-496. - Mishra Prachi, Arvind Subramanian and Petia Topalova, 2008, "Policies, Enforcement, and Customs Evasion: Evidence from India” Journal of Public Economics, vol. 92(10-11), p 1907-1925.
Aux origines du sous développement en Afrique, le commerce d'esclave
samedi, juin 06, 2009
Effet positif d'un désavantage géographique
Rentrons brièvement dans le détail de l’article, les auteurs testent tout d’abord les équations suivantes :
où yi est le revenu par tête, r la variable géographique (r pour ruggedness) et I une dummy qui prend la valeur 1 pour les pays Africains et 0 pour les autres. L’idée étant que pour les pays africains un terrain accidenté peut avoir un effet bénéfique alors que pour les autres pays (qui n’ont pas connu l’esclavage) seul l’effet négatif lié notamment aux coûts de transports domine. Dans la seconde équation les pays ne sont pas différenciés ce qui permet aux auteurs de tester les trois hypothèses suivantes : 1) si béta1 est négatif une géographie accidenté a un impact négatif sur le revenu 2) si béta2 est positif alors en Afrique une géographie accidentée a un impact positif 3) si béta1 est inférieur à béta5 alors ne pas prendre en compte la spécificité historique africaine biaise l’impact négatif de la géographie vers zéro. Ces trois hypothèses sont vérifiées. Les auteurs testent ensuite l’équation suivante :
où xi mesure les exportations passées d’esclave. L’objectif étant d’analyser si 1) ces exportations affectent négativement le revenu, dans un tel cas béta10 devrait être négatif 2) l’effet d’une géographie accidentée n’est pas différent en Afrique lorsque ces exportations sont prises en compte, en d’autres termes l’esclavage explique totalement que des terrains accidentés puissent avoir eu un impact indirect positif en Afrique puisqu’ils ont permis de se cacher ou de se protéger contre ce commerce, dans un tel cas béta8 est égal à zéro 3) les effets d’une géographie accidentée sont négatifs lorsque ces exportations sont prises en compte, dans un tel cas béta7 est négatif. Ces trois hypothèses sont vérifiées par les auteurs. Robustesse des résultats
Les estimations précédentes peuvent cependant souffrir d’un manque de variable qui biaise l’analyse. Si par exemple des sols accidentés sont des sols riches en diamants et si la production de diamants enrichit des pays à l’extérieur de l’Afrique mais appauvrit les africains en raison de mauvaises institutions alors l’estimateur géographique peut être biaisé. Les auteurs prennent ainsi en compte la production de diamants entre 1994 et 2000, et leur résultat est robuste à cette introduction. De plus ils introduisent d’autres variables de contrôle telles que le climat, l’accès à la mer et la qualité des sols sans dévier de leur conclusion principale. Puga et Nunn (2008) vérifient aussi que leurs estimations ne sont pas guidées par des pays atypiques (les îles, les pays très accidentés ou très peu accidentés), puis supprime systématiquement toutes les observations pour lesquelles les coefficients estimés pour la géographie sont supérieurs à un certain seuil (2 sur la racine carré du nombre d’observations (méthode de Belsley, Kuh, and Welsch (1980)). Il est aussi intéressant de noter que pour tester la robustesse de ces résultats il suffit d’inverser le raisonnement et de vérifier qu’une géographie accidentée n’a pas d’effet positif dans des pays qui n’ont pas connus l’esclavage. Les auteurs testent alors si cet effet positif existe pour l’Europe, l’Océanie, l’Amérique du nord et celle du sud. Ils constatent alors que seul l’effet négatif existe pour ces continents à l’exception de l’Europe à laquelle il faut retrancher la Suisse pour effacer l’effet positif de la géographie (les auteurs n’explique pas pourquoi la Suisse biaise ainsi les résultats et perso je n’ai pas d’idée pouvant l’expliquer. Si vous avez une explication je suis preneur).Agglomération cumulative dans les zones à géographie désavantageuse
Si les auteurs montre qu’une géographie accidentée a des effets indirects positifs, ils montrent aussi que les coûts ne sont pas absents, l’agglomération initiée par le choc historique s’auto entretient, la population s’agglomérant aujourd’hui encore dans les terres les plus accidentés.Conclusion
En conclusion les auteurs nous mettent en garde, leurs résultats sont spécifiques, ils ne prouvent pas que les désavantages géographiques ont toujours un impact positif dominant. Alors bossez vos manuels d’histoire et regardez si un choc historique différent de l’esclavage et dans d’autres pays tel que la Chine ou l’Inde ne pourrait pas être un terrain d’étude intéressant.Bibliographie
- Easterly,William. 2006a. The White Man’s Burden: Why the West’s Efforts to Aid the Rest Have Done so Much Ill and so Little Good. New York, ny: Penguin Press.
- Easterly,William. 2006b. Reliving the 1950s: The big push, poverty traps, and takeoffs in economic development. Journal of Economic Growth 11(4):289–318.
- Easterly, William. 2007. Was development assistance a mistake? American Economic Review Papers and Proceedings 97(2):forthcoming.
- Nunn, Nathan. 2006. The longterm effects of Africa’s slave trades. The Quarterly Journal of Economics, MIT Press, vol. 123(1), pages 139-176, 02.
- Puga Diego, Nunn Nathan. 2007. Ruggedness: The Blessing of Bad Geography in Africa (soumis à Review of Economic Studies.
- Sachs, Jeffrey. 2005. The End of Poverty. New York, ny: Penguin Press.
- Sachs, Jeffrey and Pia Malaney. 2002. The economic and social burden of malaria. Nature 415(6872):680–685.
L'euro, le dollar et un peu d'Histoire.
dimanche, mai 31, 2009
Depuis 2001 l'euro connaît une appréciation face au dollar (voir graphique ci-dessous), et nombre d’observateurs économiques promettent régulièrement au billet vert un sort tragique. Si le déclin catastrophique et rapide tarde à venir, les fondamentaux qui permettaient au dollar de résister ont sans doute disparu et un peu comme Vil le coyote continue de courir en suspension dans les airs avant de se rendre compte qu'il n'est plus sur la falaise (pour reprendre l’image de Paul Krugman), le dollar se maintient, mais pour combien de temps encore? Une autre question qui peut se poser lorsque l'on observe l'euro s'apprécier ainsi est de savoir quelle est actuellement sa place dans le système monétaire international.
- Bibliographie:
- Chinn et Frankel (2007) Will the Euro Eventually Surpass the Dollar as Leading International Reserve Currency? In G7 Current Account Imbalances: Sustainability and Adjustment, R. Clarida (ed), University of Chicago Press. - Creel J, Fitoussi J-P, Laurent E et J Le Cacheux (2008) La zone euro : une enfance difficile. Lettre de l’OFCE. no 304. - Flandreau M, Jobst C, 2009, The emipirics of international currencies: network, externalities, history and persistence. The Economic Journal. - Rey H (2001), International trade and currency exchange, Review of Economic Studies, vol 68(2), pp 443-64. - Krugman (1980) Vehicule currencies and the structure of international exchange. Journal of money, credit and banking, vol 12(3), pp 513-26.
Commerce Nord-Sud et spécialisation verticale
mercredi, avril 29, 2009Un commerce de variétés différentes démasqué
Regard sur les parts de marché et sur l'évolution des spécialisations
Equation de gravitation
Enfin, FGZ utilise une équation de gravitation pour étudier les déterminants du commerce de variété. Je ne présente ici qu’une partie de l’équation testée : Ln Xtijk= a+…+b1g1LnGDPPCti+ b2g3LnGDPPCti + b3g1LnGDPPCtj+ b4g3Ln GDPPCtj + c1g1Ztij+ c1g3Ztij+uk+vt+ etijk où Xtijk représente la valeur des exportations bilatérales du pays i vers le pays j à la date t pour une industrie k. Seuls les segments de marché de haute qualité g1 et de basse qualité g3 sont analysés. GDPPC représente le PIB par tête en parité de pouvoir d’achat. Le PIB du pays exportateur (GDPPCti) capte les déterminants de X du côté de l'offre alors que le PIB de l’importateur (GDPPCtj) devrait appréhender les facteurs jouant sur la demande. Pour l'offre on s’attend à ce qu’une productivité plus forte augmente les exportations en bien de qualité. Pour la demande un niveau de revenu par tête important devrait entraîner une demande de qualité plus forte et donc favoriser les exportations des industries spécialisées sur ces variétés. Enfin, Z est un indicateur de friction bilatérale incluant la distance, le langage commun, et les barrières tarifaires. Les biens de qualité, par essence plus complexes, sont peut être davantage exportés lorsque les deux pays partagent le même langage et sont relativement proches géographiquement (sur ce dernier point deux effets s’opposent: d’un côté des coûts de transport élevé devrait être plus favorable aux biens de qualité puisqu’ils vont augmenter le prix relatif des biens de basse qualité, mais à l’inverse le manque d’information due à la distance devrait avoir un impact négatif sur le commerce de qualité). Les GDPPC des importateurs et des exportateurs ont les signes attendus. Ainsi le revenu par tête du pays exportateur est bénéfique aux exportations de qualité et une hausse du revenu national se traduit par une hausse de la valeur unitaire des biens importés (le revenu marginal est consommé dans des produits importés de meilleure qualité plutôt que dans une hausse des quantités importées). Enfin l’éloignement géographique semble avoir plus d’importance pour les biens de basse qualité.
En guise de conclusion
En conclusion, il est temps de revenir la citation introductive : quel est l’impact des évolutions de spécialisation sur le marché du travail au Nord ? A première vue et puisque les pays ne produisent pas les même variétés on peut penser que les qualifiés sont plutôt protégés grâce à une faible concurrence - quoique grandissante dans la mesure où le développement permet de grimper l’échelle des spécialisations - mais pour les peu qualifiés la spécialisation des pays du Nord sur de la haute qualité est probablement néfaste… à vous de trouver (ou de faire) une étude qui le montre!
- Biblio





























