19 mars 2015

Portrait de Jeffrey Frankel

Dans les grands noms des auteurs en économie internationale, qui sont évidemment des anonymes pour le grand public, il y a Jeffrey Frankel. Il vient d'écrire une autobiographie de quelques pages qui devrait intéresser mes geeks de lecteurs. Son parcours est remarquable, tout comme les rencontres qu'il a pu faire. Au bac à sable, il jouait avec Barry Eichengreen, une autre superstar, à la fac il était avec Krugman et Sachs, il a fait sa thèse avec Dornbusch puis il a fait tourner la planche à billet au Portugal, conseillé Reagan et Clinton, a bossé sur les accords de Kyoto (ce qui est rare pour un américain) et ainsi de suite. Concernant ses articles de recherche, cher thésard à la recherche d'une publi top-field passe ton chemin (pas assez techniques), par contre toi, étudiants en master, tu pourrais être intéressé (jettes un œil à ses papiers sur sa page perso). Frankel a passé l'âge de l'ultra-spécialisation, il l'écrit lui-même:

True, as Ph.D. students soon discover, narrow specialization is the only way to complete a dissertation, to get a job teaching in a university economics department, and to get tenure. But I think of those stages as akin to basic training in the Army or to 30-hour shifts in medical residencies.   After one has achieved the prize (tenure), one can work on whatever one wants to work on.

Il a donc écrit sur une variété importante de thèmes, dont les taux de change, la croissance économique, le commerce, l'environnement... Il blogue aussi régulièrement sur différents sujets d'actu ici. Il m'est parfois arrivé d'être critique sur certains de ses articles ici ou , mais j'aime bien son style et d'une façon générale sa vision historique des événements, qui, condensée dans cette longue (mais savoureuse) citation clôture ce bref portrait:

"In the 1980s, it became fashionable to claim that the real exchange rate followed a random walk, because statistical tests were unable to reject that null hypothesis at conventional significance levels.  (Analogous claims were made about all sorts of variables in macroeconomics and finance.) But these tests were typically run on a few decades of data. I argued that one would not expect such limited data sets to offer enough power to reject the random walk even if mean reversion were the right answer.  Economists had forgotten the lesson from introductory econometrics: “failure to reject the null hypothesis does not entitle you to assert that the null hypothesis is necessarily true.”   

More provocatively (in “Zen and the Art of Modern Macroeconometrics”), I alleged that economists had subtly redefined the rules for a specific reason:   it was too hard in macroeconomics to find statistically significant relationships.  It is much easier to fail to find significant relationships.  It hardly takes any work at all.  But the affirmation “my research supports the hypothesis that the exchange rate follows a random walk” sounds much more respectable and publishable than “I have been studying exchange rates statistically for a year and have absolutely nothing to say about what makes them move.”

 If one is in pursuit of the right answer, one needs to cast the net wider, to encompass a century-long time series, or a panel of countries. On a priori grounds, that is how much data it should take, before the test will have the requisite power. Sure enough, when one did that, one could reject a random walk in the real exchange rate, and find mean reversion. 

Many have taken to using the “black swan problem” to mean a highly unlikely event, as the sub-prime mortgage crisis of 2007-08 is interpreted to have been.  The way I would prefer to define it is when an event is considered virtually impossible by those whose frame of reference is limited in time span and geographical area, but that is well within the probability distribution for those whose data set includes other countries and other centuries (or those who make appropriate use of a priori theory, as with those irrational numbers).  Analysts don’t cast the net widely enough.    They can’t imagine that terrorists might inflict mass casualties by bringing down a buildings (New York, 2001) or that housing prices might fall in dollar terms (US, 2007) or that an advanced economy might suffer a loss of confidence in its debt (Greece, 2010). “I haven’t observed such a thing in the past, so it won’t happen in the future.”   

These things had happened before, but mostly in times and places far away.  

What do “black swans” have to do with it?  An Englishman in the 19th century who encountered a black swan for the first time might have considered it a “7-standard deviation event,” even though one could have learned of their existence from ornithology books (Black swans had been discovered in Australia in 1697)."
 

23 février 2015

Sauver les médias

Je viens de lire l'ouvrage de Julia Cagé sur "sauver les médias". Julia Cagé est, de mon point de vue, une économiste iconoclaste. Elle a par exemple écrit des articles contre la libéralisation commerciale dans les pays en développement et contre la concurrence dans les médias (je résume, c'est plus subtil, voir sa page pour plus de détails). Dans cet ouvrage elle poursuit cette dernière thèse et montre que la concurrence a eu pour effet de diminuer la quantité (nombre de pages, de mots, d'articles) et sans doute la qualité du journalisme. Elle a d'ailleurs un petit passage en forme de pique pour tout ceux qui défendent à tout crin la concurrence: "combien, en effet, sont ceux (majoritairement des économistes) qui, face à la baisse du nombre de journalistes, haussent les épaules et considèrent que cette baisse reflète une augmentation des gains de productivité? En d'autres termes: "c'est une très bonne nouvelle, chaque journaliste pris individuellement se débrouillera pour produire davantage d'articles en un laps de temps plus réduit. Les journaux peuvent diminuer leurs coûts et augmenter leur rentabilité en réduisant les effectifs"".

Mais qu'ils sont méchants ces gens (majoritairement des économistes)...Il n'empêche, je me suis senti concerné, pas vraiment par le passage "gains de productivité" mais pour avoir beaucoup hausser les épaules. Pourquoi sauver les médias? Parce qu'ils sont en crise? Parce que la qualité de l'info diminue? Mouais... Obsession du déclin et de la catastrophe... encore et toujours. Zola, sans Twitter et les chaînes d'info en continu, flippait déjà: "Le flot déchainé de l'information à outrance a transformé le journalisme, tué les grands articles de discussion, tué la critique littéraire, donné chaque jour plus de place aux dépêches, aux nouvelles grandes et petites, aux procès-verbaux de reporters et des interviewers".  

Pourquoi donc faut-il sauver les média? Parce qu'ils fournissent l'info? L'auteure nous le dit avec autorité "Rappelons donc une évidence: sans journalistes, il n'y a pas d'information". Je rehausse les épaules, avec certains journalistes, il y a des infos qui n'en sont pas. Oui, mais alors attention, Julia Cagé nous parle des "vrais" journalistes. Mais qui sont-ils? Quel pourcentage? Comment ce pourcentage évolue t-il? Aussi lorsqu'elle écrit "Qu'est-ce qui distingue un journaliste - un vrai - d'un blogueur du dimanche?" j'aurais tendance à répondre, qu'en l'absence de toute quantification sur les "vrais" (qu'ils soient blogueurs, journalistes ou économistes), le plus simple est de parler de la première des différences: le blogueur du dimanche prend sur son temps de loisir pour informer et pour fournir gratuitement du contenu. Mais passons, cela n'a pas grande importance et témoigne simplement du fait que je n'ai pas la même admiration pour les journaux que l'auteure.
Je trouve la réponse à ma question du "pourquoi" dans les chapitres 2 et 3, il faut sauver les médias parce qu'ils sont essentiels à la démocratie. C'est assez convaincant, il y a une multitude d'exemples, le Tea Party qui a la main sur Fox, des journaux locaux qui disparaissent aux USA et qui laissent une corruption locale non couverte... et l'on repense à toutes ces affaires qui sont sorties en France grâce aux médias.

En bref, on finit par adhérer. Le livre est bien documenté, il y a une multitude de stats qui intéresseront tous ceux qui veulent en savoir plus sur ce secteur. Pour mes étudiants en microéconomie, c'est un ouvrage qui permettra d'illustrer plusieurs concepts (sans aucune équation!). L'information contenue dans les journaux était par le passé privée, elle est devenue publique. Un bien public est un bien qui a perdu ses caractéristiques d'exclusivité et de rivalité. Il ne peut plus être rentable. Julia Cagé nous décrit plusieurs expériences dans divers pays visant à rendre les journaux plus profitables. Le chapitre 3, dernier chapitre de ce petit ouvrage, est celui qui m'a le plus plu. L'auteure illustre comment le mode de gestion influence la fourniture d'information et c'est passionnant. Elle présente notamment les méfaits des introductions en bourse, comme celle du Chicago Tribune qui a vu sa valorisation augmenter mais moins vite que son chiffre d'affaire, entraînant inévitablement une pression sur les coûts et une réduction des dépenses (=moins de journalistes). De plus, pour être rentable une stratégie de niche visant à cibler les lecteurs les plus aisés s'est faite au détriment d'un accès pour tous à l'information avec une hausse des tarifs des abonnements. Pire, certains sujets d'actu, étant considérés comme de faible intérêt pour cette classe aisée, ne sont plus traités.  Après avoir résumé d'autres modes de financement et de contrôle, Julia Cagé en vient à sa proposition d'un nouveau statut. Elle propose un mode de gestion à but non lucratif où les apports en capitaux seront pérennisés et où les droits de vote des gros actionnaires seront minorés par rapport à des petits actionnaires tels que les journalistes et les lecteurs ayant fait du crowdfunding. Excellente idée!

Fabien Candau

Référence: la citation de Zola provient de l'ouvrage de July "Dictionnaire amoureux du journalisme" qui adopte une intéressante perspective historique et personnelle du journalisme.

06 janvier 2015


27 novembre 2014

Un peu de lecture

N'ayant hélas pas le temps d'écrire un post ces temps-ci, je vous propose qq lectures passionnantes:

En sus une video de Craft sur les débuts de l'industrialisation:



Et pour finir, sans aucun rapport si ce n'est que ces articles m'ont intéressé, deux papiers du petit génie Glen Weyl:

13 novembre 2014

HDR: Economie Géographique des Périphéries

Je présente mon Habilitation à Diriger des Recherches (HDR), sur l'


le 11 décembre devant un jury composé de:
Matthieu Crozet (rapporteur, CEPII)
José de Sousa (rapporteur, Paris-Sud)
Michael Goujon (rapporteur, CERDI)
Carl Gaigné (dir HDR, INRA)
Jacques Le Cacheux (UPPA, OFCE)
Serge Rey (UPPA, CATT)

Plusieurs de mes articles ont été joints à ce résumé dont notamment cette analyse sur les havres de pollution, qui est un travail en cours sur lequel tous les commentaires sont les bienvenus.

13 octobre 2014

Handbook of Regional & Urban Economics - Volume 5

The Handbook of Regional and Urban economics is online (and free)!

En attendant la nomination des Nobels (et surtout pour après, lorsque la fièvre sera retombée), jetez un oeil au Handbook d'éco régionale et urbaine qui vient d'être mis en ligne. Il est tout simplement formidable et avis à mes étudiants il va être extrêmement utile pour l'enseignement. J'ai particulièrement apprécié les chapitres de méthodo (économétrie + megc), les articles sur les systèmes de villes (Behrens et Robert-Nicoud mais aussi Desmet et Henderson), l'article sur l'utilisation des sols urbains (Duranton et Puga commencent par les bases déjà présentées par Fujita (1989) et nous amènent à la frontière de la recherche avec des questions très précises, avis aux futurs chercheurs il y a là des pistes de recherche clairement posées) et le chapitre sur les transports (écrit par Redding et Turner). Enfin, il y a des chapitres sur la formation des prix sur le marché immobilier qu'il est essentiel de lire. Bonne lecture, c'est ici.



08 octobre 2014

Innovation pédagogique marginale, la gravité filmée

J'innove pédagogiquement! Je viens de faire une vidéo pour un cours en ligne (soyez indulgent, c'est la première, j'utilise une version d'essai de camtasia, si vous connaissez des logiciels libres tout aussi performant, je suis preneur). Voici donc une vidéo d'introduction aux équations de gravité en économie internationale (si la vidéo ne s'affiche pas, c'est que votre navigateur n'est pas à jour, la chaine youtube est dispo ici https://www.youtube.com/watch?v=fazxktb0Y3I).

Le cours est sous contrat privé, donc je ne peux pas faire de l'open access comme à l'accoutumé... ceci dit pour ce fragment de cours, je prends le risque de le poster considérant que cela équivaut à faire de la publicité à la Faculté Ouverte de Paris qui m'a engagée sur cet enseignement introductif destiné à un public de Licence AES.

11 juillet 2014


20 juin 2014

Aeronautic Trade

Notre article sur l'impact négatif de l'appréciation de l'euro sur les exportations du secteur aéronautique en France entre 2003 et 2010 vient d'être publié par Economic Modellingwp). Voici l'abstract:

After describing the spatial distribution of the aeronautic industry in France, this study analyzes the determinants of French regional bilateral exports and imports, according to a trade gravity model, for the period 2003–2010. The appreciation of the euro has a negative impact on exports and a positive effect on imports, confirming the fears of European politicians and managers in the aeronautic sector. The gravity equation, extended to integrate factor complementarities among partners, also shows that labor productivity levels in France and its partner countries are significant determinants of trade, supporting O-ring theory applied from Kremer (1993) to explicate trade in the aeronautical sector. The spatial organization of this sector is also analyzed via the impact of foreign military spending on French trade. Finally, by distinguishing French imports and arrivals of products manufactured in Europe and in France, supplementary estimations reveal that outward foreign direct investment FDI affects the imports and arrivals of European products negatively but has positive influences on the imports and arrivals of French products.

31 mai 2014

Nationalisme, démocratie et élection européenne

Le résultat du FN aux européennes me fait songer au triangle d'incompatibilité de Dani Rodrik: est-il impossible d'avoir simultanément de l'intégration économique, des Etats nations et de la démocratie? L'intégration économique conduit à une compétition entre Etats providences visant à favoriser les facteurs mobiles au détriment des facteurs immobiles (concurrence fiscale et sociale etc). La démocratie offre donc une résistance naturelle à de telles politiques et demande un retour à l'Etat Nation. Pour poursuivre l'intégration européenne, il y a alors deux solutions:
1) refuser la démocratie. C'est un peu la piste poursuivie jusqu'ici au niveau européen.
2) dépasser les Etats Nations et créer une union politique européenne (voir ce manifeste) à même de régler les problèmes d'intégration.
Enfin certains français pensent que la situation économique serait meilleure en renonçant à l'union européenne. Certes, assurer que l'Europe est un franc succès paraît difficilement tenable mais je reste convaincu que l'Europe pourrait être la solution au lieu d'être un problème. Pour cela, il faudrait moins de nationalisme...c'est mal parti.

05 mai 2014

Un hommage pour l'enfer à Becker

Gary Becker vient de décéder. Ce lauréat du prix nobel d'économie (et blogueur de 83 ans) était soit adulé, soit détesté pour ces applications microéconomiques à des thèmes tels que le mariage ou la criminalité (il a eu aussi des contributions plus conséquentes sur l'éducation et le capital humain).

Je connais peu ses écrits (voir Brenda Cronin et Justin Wolfers pour un résumé) mais j'aime son idée de pousser le raisonnement économique dans des domaines à la frontière de l'économie. Aussi pour son passage dans l'au delà mon hommage ne sera pas de vous faire une recension de ses travaux, mais de vous faire un petit topo sur un livre que j'ai lu récemment "THE MARKETPLACE OF CHRISTIANITY" d'Ekelund, Hébert et Tollison (2008, MIT press) qui est l'un des premiers ouvrages d'économie des religions. Oui, c'est étrange comme thème....

Ce livre n'est pas une analyse économique de la conversion religieuse dans le sens où les individus maximiseraient bêtement une fonction d'utilité qui intégrerait en arguments des éléments de religion. Non, il n'y a pas du tout ce genre de considération et l'analyse est loin d'être fantaisiste, au contraire la thèse de base, qui est qu'il existe un marché des religions, est argumentée par une importante analyse historique. Les auteurs considèrent que de nombreux concepts de la science économique peuvent s'appliquer à la religion, à commencer par le fait qu'il y a une demande et une offre. Côté offre, il y a concurrence entre les différentes religions (ici les religions chrétiennes), avec des innovations et des imitations d'une religion à l'autre. Côté demande, certains individus ont une demande de surnaturel (vie après la mort...) et d'autres ont une demande plus intellectuelle, une réflexion sur eux et sur la société...

Le chapitre I est introductif. Le chapitre II réalise un tour d'horizon des économistes qui ont déjà abordé la religion, vous y trouverez le premier des classiques (Smith) et le derniers (Marx) et évidemment Weber (qui contrairement à ce que l'on lit parfois ne défendait pas un lien univoque entre protestantisme et croissance économique).

Le chapitre III commence avec cette citation qui résume bien le début du chapitre "I don't want realism. I'll tell you what I want. Magic!", où les auteurs tentent une définition de la religion, puis ils utilisent plusieurs concepts d'économie pour affiner cette définition.

La religion est ainsi considérée comme un "bien club", au sein d'un groupe, les agents ont des préférences proches, ils partagent des expériences communes, parfois ils échangent des contacts professionnels. Comme dans tous les clubs, il y a aussi des passagers clandestins qui profitent du bien commun sans contribuer. Pour pallier à ces comportements, les religions adoptent différentes stratégies avec plus ou moins de succès.

Le marché des religions a aussi tendance à être dominé par des religions "superstars". Comme le note les auteurs cela est dû aux externalités de réseaux liées au fait que la satisfaction est d'autant plus grande que la croyance est partagée (l'effet "ouf, c'est pas une secte" associé aux effets clubs pré-cités). Evidemment les monopoles sont souvent publics (ou l'ont été)...

Le bien religieux s'approche aussi de la définition que les économistes ont des biens assurantiels, du moins en terme de demande. Face à un avenir incertain (en termes de revenu, d'amour, de survie etc) les individus vont avoir une demande de religion de sorte à s'assurer un soulagement à leur turpitudes.

Le chapitre IV propose des études de cas visant à analyser les changements de forme des religions (vous y trouverez une analyse du passage au mono-deisme sous Akhenaton, puis on rentre dans le christianisme avec une distinction catholique/protestant qui est au coeur du livre).

Le chapitre V est voué à l'entrée du protestantisme sur le marché des religions et le chapitre VI à la réaction du leader, l'église catholique et sa réforme (1555-1648). Le chapitre VII traite de l'évolution du follower soit une concurrence spatiale et quelques changements organisationnels au sein du protestantisme. Le chapitre VIII revisite Max Weber et le lien entre religions et performances économiques. Le derniers chapitre conclut sur cette concurrence des religions au sein du christianisme.

Au final, je ne conseille pas vraiment ce bouquin, qui est tout de même un peu long et qui déçoit une fois que l'on a passé le premier stade de la découverte d'une application nouvelle.

Cette recension était cependant l'occasion parfaite pour rendre un derniers hommage à Gary Becker qui a influencé ce type d'analyse (pour le meilleur et pour le pire) où les instruments de l'économie sont utilisés pour regarder d'un œil nouveau des thématiques centrales dans d'autres disciplines. C'est aussi l'occasion de lire de l'économie tout en se cultivant (à la marge dirait-on en private joke).

Voir ici un lien où Michel Foucault commente en 1979 les travaux de G Becker.

07 avril 2014

Désinflation = Chômage

Le graphique du jour (France métro pour ne pas exagérer encore plus la relation en ajoutant les DOM) avec en ordonné les prix à la conso (en %) et en abscisse le chômage (en %):

A vous de discuter du sens de causalité et de relancer le débat sur la courbe de Phillips!
---Quelque temps plus tard....
Bon, cela fait désormais quelques jours que le graphique est en ligne, le post a été visionné une centaine de fois et personne pour commenter que la courbe de Phillips concerne l'inflation des salaires nominaux et non des prix. Diantre, soyez attentif à vos cours de macro!
La belle affaire, est-ce important? Oui, car les salaires ont tendance à être beaucoup plus rigides que les prix. En glissement annuel ils ont même augmenté de 2% sur les derniers trimestres de 2013 (ICT-salaire seul de l'INSEE). Le FMI a récemment présenté un graphique qui illustre que même dans un pays comme l'Espagne durement frappé par le chômage, les salaires sont très rigides à la baisse. Le passage de 2008 (en bleu) à 2012 (rouge) montre que l'augmentation a baissé mais qu'une faible portion de la distribution des salaires est passée en négatif, en fait une très grande concentration est observée à zéro, les salaires stagnent.

Or si les salaires stagnent et que les prix diminuent (où augmentent moins dans le cas de désinflation) alors les profits sont affectés et l'ajustement s'opère par l'emploi. C'est le pire des cercles vicieux lié à la déflation car plus de chômage, c'est moins de demande et moins de demande c'est une baisse des prix et une baisse des prix c'est plus de chômage... En clair, le graphique précédent "inflation (HIPC)/chômage" est vraiment important car si la déflation s'installe, la pente négative pourrait s'avérer bien difficile à relever.